lettres_peintes-Mecanique_Tolerie

Je ne vous parlerez pas ici de tag ou de graff, qui sont pourtant des lettres peintes. Non, je vous parlerez de leurs grandes sœurs, les lettres peintes publicitaires.

Je préfère prevenir les esprits chagrins, j'utilise ici le terme de "grandes sœurs" par courtoisie.  "Vieilles sœurs" devrais-je dire. Car, à mon sens, l'une n'est pas supérieure à l'autre. Mais les lettres peintes publicitaires sont, et de loin, les plus anciennes.
Pour autant, il n'est pas, non plus, là question de calligraphie, même si certains outils sont similaires, la mise en œuvre, elle, diffère.

 

Donc, je vous parle ici de lettrage. De textes calibrés, nécessitant souvant une mise au point préalable. De lettres dessinées, puis finalisées à l'aide, entre autres outils, de pinceaux particuliers. Ces pinceaux, brosses à poil long, permettant une plus grande réserve de peinture et une forme ductile, les longs poils amortissant les petits heurts de la main.
Ce métier de peintre en lettre avait développé sa propre dénomination pour les familles de caractères. Loin des classifications Thibaudeau ou Vox-Atypi. Ainsi le terme "Antique" remplaçait-il "Elzévir", "Capitale" pour "Didone" ou encore "Égyptienne" pour "Linéale". La famille des Mécanes, elle, ce cache derrière les termes plus poétiques de Monstre et Demi-monstre, suivant la forme des empattements. Et enfin la casse par défaut des lettres dites "publicitaires" étant la capitale, les caractères "bas de casse" sont appelés "Romain".

 

De nos jours, ces lettres peintes sont remplacées par les vives couleurs du vinyl autocollant. Et à noël, vient le festival des effémères peintures de devantures de café. Ainsi donc, je l'avoue, je ralenti le pas en voyant, au détour de certaines rues, ces murs aux textes ternis, aux enseignes à demi effacées, souvenir  d'un métier quasiment éteints dont les traces encore visibles, disparaitront au grès des ravalements.

A bientôt
Bruno